Comment j’ai passé le barreau à New York : conseils, défis et vérité
- 5 juil. 2025
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Passer le barreau de New York, c’est bien plus qu’un simple examen.C’est un voyage initiatique, une aventure intérieure, une immersion dans le monde juridique le plus exigeant, dans une langue qui n’est pas la nôtre, dans un système qui ne nous attend pas.
Aujourd’hui, je vous raconte mon histoire : sans filtre, sans idéalisation, avec les montagnes russes de l’émotion, les nuits blanches, les doutes… mais aussi la fierté immense de l’avoir fait.
Car derrière le titre "avocate à New York", il y a une femme, une expatriée, une maman, une bosseuse acharnée.Et surtout : une rêveuse qui ne lâche rien.
🇫🇷 ✈️ 🇺🇸 Du droit français au rêve américain
J’ai grandi entre Nantes et Montréal, dans une famille où l’ambition et l’effort étaient des valeurs fondatrices.Mes parents sont deux grands chefs d’entreprise — j’ai grandi avec l’idée qu’aucun sommet n’était trop haut.J’ai fait mes études de droit en France & à Londres, avec cette passion brûlante pour les mots, la justice, les argumentaires.
Mais rapidement, j’ai senti que mon regard allait plus loin que les frontières françaises & londonienne.J’ai voulu explorer le monde, et particulièrement les États-Unis — ce pays où tout semble possible, mais où rien n’est donné.
Quand je suis arrivée à New York, il y a maintenant 9 ans, je ne savais pas encore que cette ville allait devenir mon école de résilience, mon accélérateur de vie, et mon tremplin professionnel.
🎯 Pourquoi passer le barreau à New York ?
Parce que je voulais plaider ici.Être avocate à part entière, reconnue dans un monde juridique extrêmement structuré, élitiste, mais fascinant.
Parce que je ne voulais pas être “juste” une juriste étrangère. Je voulais exister à égalité, pouvoir me battre pour mes clients, ouvrir des portes à d’autres femmes, et porter ma voix là où on ne m’attendait pas.
Parce que je savais que ma place était ici, dans cette ville électrique, où les défis sont immenses mais les récompenses à la hauteur.
Mais avant la robe noire, il y a eu un long, très long chemin...
📚 Le processus : comprendre les étapes
Passer le barreau de New York quand on est titulaire d’un diplôme étranger, c’est possible. Mais c’est complexe.
Voici le parcours que j’ai suivi :
1. Évaluation des diplômes
Première étape : faire valider mes études de droit Françaises & Anglais par le New York Board of Law Examiners (BOLE).
⚠️ Spoiler : même avec un Master 2, cela ne suffit pas toujours.J’ai dû compléter avec un LL.M. (Master of Laws) dans une université américaine accréditée.
2. LL.M. à New York
Un an intense dans une fac de droit new-yorkaise.Tout est nouveau : les méthodes de travail, la langue juridique, les codes culturels.
On apprend à penser comme un juriste américain : case law, briefs, Socratic method, legal memos.Et on le fait à vitesse éclair, souvent en jonglant avec un job, un visa, un budget serré, et dans mon cas… des enfants à gérer.
3. Inscription au barreau
Une fois le LL.M. validé, je me suis inscrite pour passer le New York Bar Exam, qui a lieu en février et juillet.
4. Bar Prep : le sprint académique
On entre alors dans la fameuse phase de Bar Prep : généralement 10 à 12 semaines d’étude intensive, 10 heures par jour, 6 à 7 jours par semaine.
J’ai choisi un programme en ligne (Barbri, Themis ou Kaplan — j’ai opté pour Barbri à l’époque), avec :
Des cours vidéos
Des QCM à répétition
Des dissertations (essays)
Des simulations d’examen (MBE, MEE, MPT)
😰 Les vrais défis (et la vérité qu’on ne dit pas toujours)
Passer le barreau, ce n’est pas juste “réviser”.C’est vivre dans une bulle, sous pression constante.
Voici ce que j’ai vraiment vécu :
🧠 1. La surcharge mentale
Apprendre 14 matières de droit US en 3 mois, quand certaines prennent 3 ans aux étudiants américains.Et comprendre tout ça en anglais juridique, avec ses pièges et subtilités.
"What is the rule?""What’s the exception to the exception?""What would a reasonable person do?"
🍼 2. Être maman pendant le Bar Prep
Je me réveillais avant mes enfants.Je révisais pendant leurs siestes.Je travaillais jusqu’à 1h du matin, souvent en berçant un bébé d’une main et avec un QCM dans l’autre.
Il y a eu des larmes.Des découragements.Des moments où j’ai voulu abandonner.
Mais je me suis rappelée : je ne faisais pas ça que pour moi.Je le faisais pour mes enfants, pour leur montrer que tout est possible.Pour les filles comme moi qui rêvent grand.
💬 3. La solitude
On se sent seul.e face à l’immensité du défi.Personne ne peut vraiment comprendre la pression du Bar sauf quelqu’un qui l’a vécu.Heureusement, j’ai rejoint des groupes de soutien d’étudiants étrangers, ce qui m’a sauvé.
📅 Le jour J : entre angoisse et adrénaline
Deux jours d’examen.
Jour 1 : dissertations (MEE) et un exercice de rédaction juridique (MPT).
Jour 2 : QCM de 200 questions (MBE), avec du droit constitutionnel, pénal, des contrats, du civil, etc.
Je me souviens du silence dans la salle d’examen. Du bruit des doigts qui tapent. De la sueur froide.Et de cette sensation à la sortie : j’ai tout donné.
📨 L’attente… puis les résultats
Trois mois plus tard.Un mail.Un cœur qui bat à 1000.Et ce mot magique : Congratulations.
J’ai hurlé.J’ai pleuré.J’ai remercié la vie.
J’étais avocate à New York.
🧭 Mes conseils à celles (et ceux) qui rêvent de le faire
✅ 1. Prépare-toi comme une athlète
Le Bar, c’est un marathon. Fais un planning. Respecte-le. Révise tous les jours. Et fais des pauses.
✅ 2. Ne le fais pas seule
Cherche une communauté. Un mentor. Une copine de révision. Ça change tout.
✅ 3. Accepte que ce ne soit pas parfait
Tu n’auras pas 100 %. Tu ne comprendras pas tout. Mais tu dois rester constante.
✅ 4. Garde ton WHY en tête
Pourquoi tu veux ce barreau ? Note-le. Relis-le les jours de doute.
💬 Ce que j’en retiens
Passer le barreau de New York a été un des défis les plus durs de ma vie.Mais c’est aussi ce qui m’a rendue plus forte, plus sûre de moi, plus libre.
Ce n’est pas juste un diplôme. C’est un passeport intérieur.Une preuve que je peux survivre à l’intensité, à l’exigence, au doute… et en ressortir grandie.
Aujourd’hui, je suis fière de dire :
Je suis avocate à New York.Et je suis une femme, une maman, une épouse, une ambitieuse, qui n’a jamais cessé d’y croire.
Sandy,




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